Parce que l’individu « sait mobiliser son énergie pour des objectifs qui lui semblent
positifs, motivants [et] désirables, il apprécie d’être responsabilisé, impliqué et de participer à un processus qui a
du sens. »
Cette mobilisation l’implique entièrement, personnellement et professionnellement, donnant à sa contribution, dans la bonne marche de l’organisation, une
valeur supérieure à la somme des tâches effectuées.
« Le collaborateur efficace ne vend plus du travail, il livre des résultats qui engagent son identité toute entière. »Et de plus en plus, par son statut de travailleur du savoir, l’individu intègre ce qu’il
est dans son activité professionnelle ; il ne peut plus, désormais, être simplement perçu, par l’organisation, comme un temps-homme au même titre qu’un temps-machine.
« Le sens que [l’individu] donne à son travail et celui qu’il donne à son existence ne peuvent être vus comme deux éléments différents. Ils sont nécessairement reliés si l’individu veut
éviter la schizophrénie. »
A nouveau, cette lourde tâche incombe au management : faire le pont entre les aspirations individuelles et collectives, et celles
de l’organisation. Pour permettre la création du sens et à chacun d’en être responsable, le management doit en être lui-même le porteur.
Vincent Lehnardt, dans son ouvrage consacré à ce sujet, aborde le sujet de l’accès au sens comme le degré ultime de l’autonomie et dit, en substance : « Les responsables sont porteur de
sens, justement, dans la mesure où ils permettent aux individus et aux groupes de l’ [organisation] de trouver dans le projet [de celle-ci] la place pour leurs propres valeurs et
objectifs. »Cette place est plus qu’une simple position, qu’une simple posture.
Elle a des répercussions importantes pour l’individu, car en prenant toute sa place, et une partie de son avenir en main, le rapport de force avec l’organisation s’équilibre : le revers de
la médaille tient dans la force que cela procure à l’individu. Car cette force « revient à endosser la responsabilité
de la compétence et de la valeur qu’ils ont acquises vis-à-vis de l’ [organisation]. »
Ce n’est plus à l’organisation, par la voix de son management, de surveiller les individus, mais bien à eux,
de démontrer qu’ils ont bien fait leurs tâches.
[1] Revue PME : La gestion du changement : un art de vivre ? – Juillet/Août
1999
[2] Claude Riveline : ‘Le global et le tribal’ dans
Idées Tome 1 – Ecole de Paris du management – Paris 2006 – p.35
[3] Michel Fiol, Sole Andreu – La question du management selon H.A.
Simon dans op.cit. p.94
[4] Vincent Lehnardt : Les responsables porteurs de sens – Insep Consulting Editions – Paris 2002 – p.106
[5] Bruno Jarrosson, Bernard Jaubert, Philippe Van den
Bulke : Pourquoi c’est si dur de changer ? – Dunod – Paris 2007 – p.173
Par lodicee
-
Publié dans : Management
-
0
-
Recommander
Derniers Commentaires